
De plus en plus de personnes enfilent leurs chaussures de randonnée pour des treks de plusieurs jours. Pas seulement dans les Alpes ou en Scandinavie, mais aussi près de chez soi. Marcher et passer la nuit dans la nature permet de vivre l'environnement plus intensément : avec plus de conscience, en étant dépendant de la météo et des saisons, et sans l'aspect "parc d'attractions" d'un circuit touristique balisé. Cette connexion directe avec la nature crée une nouvelle appréciation de ce que nous possédons, et cette appréciation est cruciale.
Car soyons honnêtes : aux Pays-Bas et en Belgique, la nature est sous pression. Les discussions sur l'azote, la construction de logements et l'espace pour la défense dominent le débat. Trop souvent, la nature est perçue comme quelque chose qui doit céder la place, plutôt que comme quelque chose qui doit être protégé et chéri. Cela est également lié à la façon dont nous vivons la nature. Si nous consommons la nature, la comparaison avec les photos Instagram époustouflantes des Dolomites est vite faite.
TROP PEU, TROP PLEIN, TROP FLOU
Certes, le Drents-Friese Wold n'est pas les Dolomites, et les Ardennes ne sont pas les Pyrénées. Mais cela ne signifie pas que nous devrions les ignorer comme destinations pour des expériences en pleine nature sur plusieurs jours. Le problème n'est pas l'échelle de notre nature, mais le manque d'opportunités pour en faire réellement partie.
Les Pays-Bas et la Belgique disposent physiquement de moins d'espaces naturels par kilomètre carré que beaucoup d'autres pays. Cet espace limité exige une régulation intelligente, surtout maintenant que la demande pour des lieux de camping sauvage augmente. C'est en soi une bonne nouvelle : davantage de personnes souhaitent se reconnecter à la nature. Mais sans solutions adaptées, des problèmes surgissent.
Le camping sur plateforme aux Pays-Bas a pratiquement disparu après que le Staatsbosbeheer a mis fin à cette pratique il y a cinq ans. Les zones de bivouac belges sont sous une pression croissante. Un soir d'octobre pluvieux, je suis tombé sur vingt tentes dans une zone de bivouac prévue pour trois personnes ; cela montre douloureusement que la demande augmente alors que le système ne s'adapte pas. Les déchets, les nuisances sonores et la surfréquentation font que ces lieux périssent de leur propre succès. Certains ferment d'ailleurs pour cette raison.
POURQUOI LES GESTIONNAIRES D'ESPACES NATURELS NE PEUVENT PAS RÉSOUDRE CE PROBLÈME
Les organisations de protection de la nature, comme le Staatsbosbeheer, jouent un rôle crucial dans la gestion de nos espaces verts. Cependant, la gestion opérationnelle des zones de bivouac, l'entretien des installations et la régulation de la fréquentation quotidienne ne correspondent pas vraiment à leurs missions principales. Elles sont structurées pour la gestion de grands espaces naturels, non pour l'accueil à petite échelle de randonneurs individuels.
Le résultat est un fossé entre l'offre et la demande. Les randonneurs souhaitent plus de possibilités, les propriétaires fonciers disposent de terrains potentiellement adaptés, mais il n'existe aucun système pour réunir les deux parties avec les incitations et le cadre appropriés.
LA SOLUTION : PETITE ÉCHELLE, LOCAL, CONTRE RÉMUNÉRATION
Nous sommes convaincus que les petits propriétaires fonciers constituent une excellente solution. Ils sont plus proches de leurs terres, de l'environnement et des randonneurs. En demandant aux randonneurs une contribution pour une nuitée, on incite directement les propriétaires à bien gérer et entretenir leurs espaces. Pour BivvyBase, le rôle consiste à assurer une répartition optimale, une utilisation modérée et un contrôle de la qualité.
Ce modèle résout les trois problèmes identifiés. La rareté diminue grâce à l'augmentation du nombre de lieux disponibles. La qualité s'améliore car les propriétaires sont encouragés à une bonne gestion. Et la recherche devient simple : une plateforme unique pour découvrir et réserver des emplacements.
Mais il s'agit de bien plus que de solutions pratiques. Grâce à ce système, nous bâtissons une culture dans laquelle les Néerlandais et les Belges peuvent profiter de la nature de manière plus consciente et plus intense. Une culture où l'expérience de la nature va au-delà de la randonnée à la journée, et où les propriétaires fonciers bénéficient d'une motivation supplémentaire pour une gestion respectueuse de la biodiversité.
C'est ainsi que nous créons non seulement plus de zones de bivouac, mais aussi une plus grande appréciation de notre nature. Et cette appréciation est précisément ce dont les Pays-Bas et la Belgique ont besoin dans le débat sur l'avenir de nos espaces verts.